Collectivité Européenne d’Alsace

La Collectivité Européenne d’Alsace (CEA) va se mettre en place au 1er janvier 2021. Ainsi, dans le cadre des réformes de décentralisation en cours et des traités franco/Allemands et autres expérimentations et différenciations territoriales, la libéralisation de nos territoires et de leurs services publics avance à grands pas.

Cette étape alsacienne va sans nul doute devenir un des miroirs de la future organisation territoriale de notre pays, basée sur la différenciation et la concurrence effrénée à tous les niveaux. Cette conception macroniste de la république est d’ailleurs bien suivie par le Président de la Région Grand-Est et ses acolytes des départements alsaciens.

Le pouvoir en place s’est appuyé sur l’interprétation d’un désir d’Alsace construit de toutes pièces par les élus politiques afin d’aboutir au détricotage de la République porté par les différentes réformes territoriales. Ajoutons que cette nouvelle étape intervient après une réforme territoriale manquée en 2015 et une fusion des régions au 1er janvier 2016 qui reste une aberration. Pourtant, il est essentiel de rappeler, à qui veut l’entendre, que cette CEA n’est en aucun cas un retour à la région Alsace.

En effet, les nouvelles prérogatives de cette collectivité vont permettre de libéraliser toujours plus les missions de services publics pour confier au secteur marchand les activités profitables, le reste étant bien évidemment à la charge des deniers publics et des citoyens.

Compte tenu du traité Franco/Allemand qui ouvre la porte des expérimentations, force est de constater que l’ambition est la même au niveau européen et transfrontalier. A savoir un dumping social généralisé et des territoires en concurrence exacerbée aux mains du patronat et des entreprises. Mais c’est aussi l’ouverture à la mise en place d’une Europe de type « fédérale à l’allemande » qui implique clairement des différences notables de traitement des citoyens et des salariés selon leur lieu d’habitation.

C’est bien par ces déréglementations, remettant en cause l’égalité de traitement des populations et les services publics, que les élus alsaciens conçoivent « le désir d’Alsace ».

Aujourd’hui, la crise économique, sociale et sanitaire, démontre la faillite du système libéral en place au service de quelques-uns. Il est urgent de stopper toutes ces déréglementations afin de retrouver un sens à l’action publique qui s’appuie sur des valeurs communes, régaliennes et solidaires. Pour cela, nos services publics doivent se renforcer pour continuer de remplir leur rôle, tant au plan de la défense des valeurs républicaines que des défis posés à l’humanité au niveau des transitions énergétiques et écologiques.

La CGT rappelle qu’elle a contestée en son temps la réforme territoriale de 2015, et qu’elle dit toujours NON aujourd’hui à la mise en place de cette CEA. Si la choucroute est certes meilleure réchauffée il n’en va pas de même des réformes territoriales qui elles, même réchauffées et apprêtées, n’en gardent pas moins un goût amer pour les citoyens alsaciens.

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